«
Aujourd'hui, on n'a plus le droit, d'avoir faim, ni d'avoir froid ! ». A l'origine du projet :
Coluche. Quelques mois après avoir créé l'association «
Les restos du cœur » venant en aide aux plus démunis, l'humoriste réussit l'exploit en 1986 de réunir divers artistes populaires pour chanter au profit de celle-ci.
27 ans plus tard, les Enfoirés sont toujours là, plus nombreux et créent toujours autant l'évènement. Show ultra populaire plus qu'apprécié du grand public, le spectacle bat régulièrement les records d'audience sur TF1 (12,06 millions de téléspectateurs en 2011 !). Quant à l'album, il truste chaque année la première place des ventes d'albums. L'édition 2012 - «
Le bal des Enfoirés » - est naturellement partie pour connaître le même destin.
Depuis quelques années, les Enfoirés essuient cependant de plus en plus de critiques de la part des journalistes, du public et même d'artistes... Suites aux cassantes déclarations de Jean-Louis Murat et Eddy Mitchell, MSN dresse le bilan des piques lancées au collectif.
Que reproche-t-on exactement aux Enfoirés ?Un grand cirqueAu fil des années, le spectacle des Enfoirés est devenu un rendez-vous de célébrités en tout genre. Des chanteurs, des humoristes, des acteurs et... des footballeurs. Soit un melting-pot haut en couleurs, qui ne fait pourtant pas l'unanimité. A force d'en faire des tonnes sur le côté bon enfant du show, et de recruter n'importe comment, les Enfoirés seraient-ils tombés dans la caricature ?
Renaud a un avis très tranché sur la question : «
Aujourd'hui, l'émission ressemble à un grand cirque carnavalesque ! Tout le show-biz participe aux Enfoirés, les comédiens, les top models, les joueurs de foot. Moi ça ne m'intéresse plus... On me propose à chaque fois des duos improbables. Je n'ai pas envie de chanter avec Mimie Mathy, Christophe Maé ou Patrick Timsit, ni de me déguiser en clown pour interpréter La Mamma d'Aznavour
Un cercle très ferméCollectif d'artistes solidaires et engagé, les Enfoirés sont une grande famille... mais qui n'acceptent pas tout le monde ! Pour participer à ce cercle très fermé, il faut remplir certaines conditions. Mais lesquelles, au juste ?
Eve Angeli s'est ainsi posé la question : «
On ne m'a jamais proposé (...) Je sais que c'est très fermé. Et quand on insiste pour y aller, souvent on est mal reçu. Il vaut mieux que ce soient eux qui demandent, c'est un peu une mafia ».
A contrario, pour
Christophe Maé, cela n'a posé aucun problème. Sollicité par sa maison de disques (elle-même sollicitée par les Enfoirés), il a accepté de rejoindre l'aventure. L'artiste reconnaît que si on lui demandé de rejoindre ce club, c'est parce que le collectif le considérait comme un de ces nouveaux «
artistes qui rapportent ». D'autres sources affirment tout simplement que le recrutement (et donc la sélection) de nouveaux membres est entièrement décidé par
Jean-Jacques Goldman, le grand manitou des Enfoirés.
Une générosité discutableJean-Louis Murat confiait récemment son écœurement des Enfoirés dans le Point : «
Les jolis coeurs, les-plus-généreux-que-moi-tu-meurs, je n'y crois pas du tout. La vraie générosité, elle est silencieuse, ça ne doit pas devenir un élément de promotion. »
Que les Enfoirés se déguisent et chantent bénévolement pour la bonne cause, c'est généreux, certes. Mais combien seraient-ils à passer ne serait-ce qu'une journée dans un centre d'accueil, bénévolement, à aider les SDF et les plus démunis... sans aucune caméra, ni journaliste ?
Une promotion insidieuseSi participer à cet évènement est parfait pour l'image, au niveau de l'exposition médiatique, c'est tout simplement le must. A ce jour en France, il n'y a en effet pas de meilleur show que les Enfoirés pour faire sa promotion en tant qu'artiste.
Pourquoi ? Parce qu'avec plus de 11 millions de téléspectateurs chaque année et des centaines de milliers d'albums vendus, les Enfoirés sont en effet devenus avec le temps une vitrine incontournable pour chaque chanteur populaire qui se respecte. Donc même si la cause ne leur tient pas spécialement à cœur, certains artistes peuvent au moins faire semblant, l'enjeu étant plus grand. Il en va de la pérennité de leur carrière !
Des conditions luxueusesChanter pour les SDF en se faisant loger dans de luxueux hôtels ? C'est le paradoxe que soulevait
Yannick Noah en 2007 : «
Je viens chanter bénévolement pour les Restos du Cœur, je ne vais tout de même pas en profiter pour me faire héberger dans un palace de milliardaires ! ».
Scandale à l'époque, les artistes avaient été hébergés dans un hôtel somptueux de La Baule. Un coût pris en charge par la production ou l'association ? A travers un communiqué de presse, les enfoirés avaient alors sévèrement critiqué les propos de Noah, lui reprochant de vouloir ternir l'image du collectif.
Des reprises maladroitesTous les ans, c'est pareil, une chanson des Enfoirés devient le single officiel du spectacle. Et là encore, il y a débat. Les fans d'
Indochine ne se remettent en effet toujours pas de l'affront de «
On demande pas la lune », reprise discutable de «
J'ai demandé à la lune ». Ceux de
Kiss ont quant à eux été scandalisés par l'adaptation française de «
I was made for loving you ». Et que dire «
Ici, les enfoirés » ? Bref, les dernières années ont été assez laborieuses...
Si à priori les chanteurs savent chanter, qu'en est-il des footballeurs et des humoristes ? «
Tout le monde veut chanter, ça paraît tellement simple et facile, et tout le monde chante comme des pinces ! » conclut
Eddy Mitchell.
